mercredi 20 juillet 2016

Coup de cœur - Certaines n'avaient jamais vu la mer


Basé sur un fait véridique, ce roman raconte l'exode de milliers de jeunes Japonaises au début du XXe siècle, L'auteure emploie la première personne du pluriel, ce qui donne une voix puissante et musicale qui reste longtemps imprimé dans la tête et dans le cœur, une fois le livre terminé.

Julie Otsaka raconte le meilleur comme le pire durant la longue traversée du Japon jusqu'à San Francisco ; le témoignage des femmes entassées un peu partout sur le bateau est à la fois déchirant, désopilant et accablant. L'arrivée sur la nouvelle terre d’accueil ne se fait pas aisément. Les rêves et les espoirs de la majorité des immigrantes sont rapidement anéantis. Lorsque le Japon déclare la guerre aux États-Unis, les immigrés japonais sont aussitôt internés dans des camps. Les Américains prennent alors la parole dans la dernière partie du livre. Certains ont des remords de conscience en observant le départ de leurs voisins, de leur amis, tandis que d'autres affirment ouvertement leur haine. 

Ce roman choral a reçu deux prix amplement mérité: le Pen/Faulkner Award for fiction et le Prix Femina Étranger 2012. 

lundi 11 juillet 2016

Coup de coeur - La petite et le vieux


Hélène a huit ans, mais elle dit en avoir dix. Ce "léger" mensonge lui permet de livrer des journaux afin d’aider monétairement ses parents.
Monsieur Roger est le nouveau voisin qui attend patiemment la mort.
La petite et le vieux développeront une amitié hors du commun.

J'ai beaucoup aimé ce récit (autobiographique) du passage de l'enfance à l'âge adulte. La petite est pétillante à souhait et elle a la répartie facile. Sa vision concernant la misère humaine est à la fois drôle et émouvante. 

Les dialogues sont savoureux, le vocabulaire recherché, le rythme soutenu. 

Marie-Renée Lavoie évite de tomber dans le mélo en nous présentant une oeuvre d'une grande sensibilité. 

À lire absolument !

samedi 25 juin 2016

Coup de cœur - Home



L'histoire: L'Amérique des années 1950 : celle des Noirs et celle des Blancs. Frank Money est américain, noir, originaire de Lotus, une petite ville de Géorgie. Il grandit dans une famille pauvre. Les parents n'ont pas le temps de s'occuper des enfants, cumulant travail dans les champs de coton de la région. Frank passe son enfance à protéger sa petite sœur Cee de sa grand-mère malveillante, Éléonore, et tente d'oublier son quotidien misérable avec ses copains. Quelques années plus tard, Frank revient de la guerre de Corée ; il parvient à calmer ses angoisses qu'en buvant jusqu'à l'inconscience. Rien ni personne, pas même sa fiancée Lily, n'arrive à apaiser ses cauchemars. Jusqu'à ce qu'un appel au secours de sa sœur le jette sur les routes du pays et le ramène à la maison.

Mon avis :  Home (le titre est le même en français) est un court voyage intérieur, le cheminement d'un homme pour accepter ce qu'il est et d'où il vient. Frank Money trouve enfin la paix dans cette ville qu'il voulait tant quitter, dans cette communauté simple, mais soudée. Home contient tout cela : la maison, les racines, l'âme. De très beaux personnages féminins en quête de liberté et de dignité. Toni Morrison (récipiendaire d'un Prix Pulizter et Prix Nobel de la littérature, rien de moins) alterne les chapitres consacrés à l'histoire avec ceux où Frank s'adresse au narrateur dans un ton propice aux confidences. Le style d'écriture est concis, épuré et poétique. Les images sont fortes, bouleversantes. La scène d'ouverture, surtout, est inoubliable... J'ai été captivée du début jusqu'à la toute fin. L'auteure boucle la boucle de façon magistrale. 
Malgré ses 150 pages, Home est un grand livre lumineux et touchant.     

dimanche 12 juin 2016

Entrevue exclusive avec moi-même (revisitée)

Comment naît chez moi l’idée d’un roman ?
Ça peut être une phrase entendue, une musique, une séquence de film, un paysage, un rêve ou un cauchemar…

Ai-je un rituel d’écriture ?
J’écris tous les jours, souvent la nuit, emmitouflée dans une robe de chambre, les mains et les pieds bien au chaud parce qu’ils ont tendance à devenir complètement frigorifiés. Je prends aussi des notes sur des carnets que je traîne partout avec moi. Quand vient le temps de rédiger un nouveau roman, je trie mes notes et les épingle sur un tableau par ordre d’idées.

Comment je choisis mes personnages, leurs noms ?
Curieusement, ce sont mes personnages qui m’adoptent. Leurs noms et prénoms revêtent une signification particulière, selon le contexte dans lequel je veux les entendre parler, crier, pleurer, rire, danser ou mourir.

Quelles sont mes influences littéraires ?
Je lis avec avidité depuis un très jeune âge. À cinq ans, je lisais le journal à mon père pour le plaisir de le voir rire. Ce furent les bibliothèques de mon enfance qui m’ont dévoilé mes premiers trésors ; je partais toujours avec le maximum de livres à emprunter. À l’adolescence, j’ai lu les classiques français : Rimbaud, Dumas, Hugo, Flaubert, Maupassant. Puis, mes goûts ont évolué vers les merveilles de l’Angleterre : Austen, Dickens, les sœurs Brönte, Lewis Carroll, Oscar Wilde, Agatha Christie. L’américain Edgar Allen Poe m’a poussée à dévorer tout ce qui touche au fantastique et sa prolifique contemporaine, Joyce Carol Oates, suscite chaque fois mon admiration. J’ai découvert récemment Colum McCann, Fred Vargas et Toni Morrison ; quand j’aime un(e)  auteur(e), je lis son oeuvre au complet. Pour conclure, les écrivains québécois ont une place privilégiée dans mon cœur : Jacques Ferron, Dany Laferrière, Michel Tremblay, Monique Proulx, Jacques Poulin et j’en passe…

Pour moi, l’écriture c’est ?
Une drogue puissante. Le meilleur moyen que je connais pour m’échapper dans un monde merveilleux sans mettre en danger ma santé.

Quel est le plus beau compliment que l’on puisse m’adresser à propos de mon écriture ?
Que les lecteurs/lectrices me disent qu’ils ont passé un bon moment en me lisant me fait énormément plaisir.

Qu’est-ce que je fais de mes temps libres?
Ma famille, et particulièrement mes petits-enfants, est une source de grand bonheur dans ma vie. À part cela, les piles de livres étalées partout dans la maison attendent patiemment que je les consomme sans trop de modération. Je pratique le yoga et la course à pied pour garder la forme.

Quelles sont mes préférences personnelles ?
Mon petit terrier Cairn : Cooper. Un week-end entre amies. Le chocolat noir et le bon vin. Tous les bleus célestes des mers du monde. La majesté des grands pins. Un long bain moussant. Chopin. The Beatles. Stromae.

Plus que tout : un baiser mouillé de Léo, Fannie ou Raphaëlle…


samedi 23 avril 2016

Journée du livre et du droit d'auteur

Après chaque livre, je me suis dit : « Ça y est, c’est mon dernier que j’écris ! »

Voici les raisons :

Ne pas savoir que l’on sera publié, même si on a déjà été publié et que l’on pense que c’est ce qu’on a écrit de meilleur jusqu’ici.

Devoir passer de longues heures devant un écran, quand on est née avec la bougeotte.

Devoir faire attention à ses dépenses, parce que les redevances n’arrivent qu’une fois par année. Et une fois le chèque reçu, revoir son budget à la baisse…

La pire d’entre toutes les raisons, se rendre compte que l’on vole tes redevances en publiant illégalement tes livres sur Internet.

Aujourd’hui, c’est la journée mondiale du livre et du droit d’auteur. C’est d’abord un événement pour célébrer un objet cher à mon cœur et à des millions de lecteurs. Mais le but principal de cette journée est de vous conscientiser à ne pas télécharger les œuvres d’auteurs (es) qui se dévouent corps et âme à vous donner des heures de plaisir.

Je remercie chaleureusement les personnes qui nous appuient et nous lisent.





mardi 15 décembre 2015

À l'autre bout du monde

Je ne suis jamais allée en Asie, donc je ne savais pas à quoi m’attendre en arrivant à Bangkok, la capitale de la Thaïlande. D’abord, la chaleur et l’humidité me font rapidement oublier ma douche du matin. La sueur devient ma fidèle compagne et les cheveux collés aux tempes, je me résigne à dire adieu à ma mise en plis pour la durée de mon séjour.

Les vendeurs ambulants sont partout sur les trottoirs, grillant toutes sortes de viandes, coupant des fruits et offrant des glaces et des smoothies au parfum exotique. La nourriture est divine et tellement peu chère. Je goûte à tout jusqu’à ce que mon ventre me supplie de l’épargner.

Dès le premier jour, je veux explorer la ville, son palais et ses temples. Pas de temps à perdre ! J’embarque à bord d’un tuk-tuk, sorte de taxi pétaradant sur trois roues. Le chauffeur me promène allègrement à travers un chaos indescriptible de voitures, de motos, de bicyclettes, et je crie de terreur en frôlant de justesse les piétons qui s’aventurent à croiser notre chemin. Malgré cela, je conseille vivement à qui veut se rendre là-bas de ne pas manquer cette expérience unique. 




Les trois jours à Bangkok ont filé à vitesse grand V. Direction Nord, Chiang Mai où l’air est davantage respirable. Une visite sur la plus haute montagne de la Thaïlande fait beaucoup de bien à mes poumons encrassés par la pollution urbaine. La culture thaïlandaise est omniprésente dans la ville, les boutiques et les marchés en plein air abondent. Il me faut négocier avec les marchands avant d’acheter, une coutume du pays, à ce qui paraît. Une visite à la fabrique d’ombrelles restera mémorable. Les artisans sont presque tous des femmes.

  



Il me reste un peu plus d'une semaine, alors je prends un autre vol vers les îles du Sud. Objectif : relaxation totale. Assise sous un parasol pour me préserver d’un soleil implacable, je ne me lasse pas de contempler la mer turquoise. D’île en île, je découvre des paysages grandioses et nage dans une eau limpide entourée de poissons de toutes les formes et de toutes les couleurs. Là aussi, la nourriture comble mes papilles gustatives. La nuit venue, je m'endors avec plein de belles images en tête.   





Je termine en décernant une mention très honorable aux Thaïs. Leur gracieuse hospitalité restera gravée à jamais dans ma mémoire. Merci la vie de m'avoir offert ce précieux cadeau. Kob khun kha ! 

lundi 16 novembre 2015

Liberté, Égalité, Fraternité

J’ai vécu dans un climat de sécurité jusqu’à ce que les événements tragiques du 11 septembre nous basculent dans l’horreur.  Comme un peu tout le monde, je me suis habituée aux mesures préventives avant d’embarquer dans l’avion ou aux fouilles minutieuses avant d’assister, ici ou ailleurs, à un spectacle dans un amphithéâtre. Tout est à recommencer depuis les terribles attaques sur Paris.

J’ai passé le week-end en compagnie de mes petits-enfants. Ça m’a remontée le moral de les voir s'amuser en toute innocence. Et puis, mon cœur s’est alourdi en songeant qu’ils ne profiteront jamais de la même quiétude que j’ai connue durant la majeure partie de ma vie. Je sais qu’il ne faut pas céder à la peur devant l’acte inhumain de ces terroristes, mais je crains terriblement pour l’avenir de mes tout-petits.

Depuis le soir fatidique du 13 novembre, un tas de questions me harcèlent, jour et nuit.

Œil pour œil, dent pour dent, est-ce la véritable solution pour régler ce conflit ? Ceci aura-t-il pour effet de déboucher vers une escalade de violence incontrôlable ? Et si, moi aussi, j’avais perdu un être cher ce soir-là, est-ce que j’encourageais mon pays à frapper à son tour à coups redoublés ? Est-ce que je réclamerais l’interdiction de l’entrée de tous ces réfugiés syriens dans mon pays sachant que la majorité fuit le même bourreau responsable de toutes ces attaques ?

Pour l’instant, les réponses à toutes ces questions aboutissent à un colossal point d’interrogation. J’accorde toutefois ma confiance envers nos dirigeants afin qu’ils nous libèrent du joug de ces assassins.   

Je tiens à offrir mes condoléances aux familles touchées de près ou de loin à ce drame. Mes meilleures pensées sont avec vous et je compatis à votre douleur.

Ce blogue fait relâche jusqu’à la mi-décembre. L'hospitalité proverbiale des Thaïlandais me sera sûrement des plus réconfortantes.