mercredi 5 décembre 2012

Toc ! Toc !




Je suis de nature sensible, hypersensible même. De mémoire, je l’ai toujours été. On me l’a reproché bien souvent. Fais-toi une carapace, sinon on te mangera tout rond !

La sensibilité est un couteau à double tranchant. D’un côté, elle enflamme mon imagination et stimule mon écriture ; de l’autre, elle m’oblige à me retrancher dans une forteresse inaccessible par mesure de protection.

J’ai décidé de me retirer avant de succomber à une surdose d’ions négatifs – corruption, intimidation, répression, agression, persécution, désillusion, frustration, indignation, humiliation… Assez !

Depuis une semaine, je n’écoute plus les nouvelles, ne lis plus les journaux et limite au maximum mes incursions sur les réseaux sociaux. Tous les jours, et à tout point de vue, je vais mieux, de mieux en mieux. (Extrait de Veuf de Jean-Louis Fournier)

- Es-tu là ? demande le méchant Loup de l'autre côté de ma porte.

Je ne réponds pas. Je suis occupée à manger ma galette avec mon petit pot de beurre.

jeudi 4 octobre 2012

Le feu de la passion


Si je suis si discrète ces temps-ci, c’est que je vis une grande histoire d’amour. Vous savez celle qui vous occupe constamment l’esprit, vous possède jour et nuit, et qui vous pousse à vous désintéresser de tout ce qui ne se rapporte pas à elle.

Si vous avez des reproches quant à mon absence, prière de les adresser à Frédérique, Nataly, Charlotte et Anne-Marie, les quatre personnages de mon prochain roman. Mais je vous préviens, elles ont du punch et un sens de la répartie.  Je viens de vous donner un indice là…

L’écriture de ce manuscrit est à la fois exigeante et stimulante ; elle requiert tellement de concentration de ma part que je suis K.O. à la fin de ma journée. Second indice…

Il ne me reste que quatre chapitres avant de taper le mot FIN. Je pensais avoir terminé plus tôt, mais j’ai choisi de goûter pleinement à ma passion d’écrire. « Un infini de passions peut tenir dans une minute. » Très juste, Gustave Flaubert.

samedi 15 septembre 2012

Joyeux anniversaire Agatha !


Mon idole de toujours est née en ce jour en l’an 1890. La reine du crime a écrit plus de 87 romans, recueils de nouvelles, pièces de théâtre, traduits dans le monde entier en plusieurs langues ! Agatha Christie couchait sur papier ses textes, installée sur un coin de table, ou bien à l’étranger, sur une simple caisse d’oranges. Rien ne l’arrêtait; tout ce qui lui importait, c’était d’écrire l’histoire qu’elle avait en tête.

Tirée de son autobiographie (une brique que je recommande fortement) écrite alors qu’elle avait soixante-quinze ans, l’écrivaine prolifique a eu un destin exceptionnel. Elle a vécu deux guerres mondiales, divorça (mal vu en ce temps) de son premier mari duquel elle a eu sa fille bien-aimée, Rosalind, subit par la suite une dépression nerveuse qui lui occasionna un épisode amnésique, fit plusieurs fois le tour du monde (elle avait un faible pour le Moyen-Orient), collectionna les belles demeures qu’elle adorait retaper elle-même, se remaria avec un archéologue qui devint l’amour de sa vie.

Mais ce que j’ai retenu le plus de cette autobiographie, c’est sa vie en tant qu’écrivaine. Son premier manuscrit mettant en scène son fameux détective belge, Hercule Poirot, a été refusé par une première maison d’édition. Elle renvoya La mystérieuse affaire de Styles à un autre éditeur, puis à un troisième et… à un quatrième. Un jour, elle reçut une lettre. Une maison d’édition désirait publier son manuscrit et signer un contrat avec elle. Celui-ci stipulait qu’elle n’obtiendrait aucun droit d’auteur avant la vente de deux mille exemplaires, petit pourcentage ensuite, et une clause la liant pour cinq prochains romans avec un pourcentage à peine supérieur. Devinez ? La grande Agatha signa avec enthousiasme ! Après tout, elle écrivait pour le plaisir… Le livre fourmille d’anecdotes de ce genre, ce qui pour l’aspirant-écrivain ET l’écrivain publié est une source d’inspiration, de réflexion et de réconfort.

Bonne fête merveilleuse Agatha où que tu sois !

vendredi 7 septembre 2012

Merveilles de la création

Que vous le vouliez ou non, les vacances d'été sont bel et bien finies. Après la Fête du Travail, il y a une fébrilité dans l'air. Rentrée scolaire, nouveautés littéraires, temps des récoltes, plats mitonnés, nouvelle mode vestimentaire, cours de ci, cours de ça, jardin d’automne à planifier... Ouf ! Mes nuits sont mouvementées et les matins me bousculent. Allez au boulot ! Plus question de lézarder au soleil.


L'écriture du manuscrit 1 progresse à un rythme fou. Mon histoire est bien ficelée. Elle va de rebondissements en rebondissements. Mes personnages sont franchement captivants. Jamais je n'aurais cru m'attacher autant à ces derniers après avoir créé ceux de RêveMarie. Je pense que c'est comme de mettre au monde des enfants. Après le premier, on se dit qu'on ne pourra jamais en aimer un autre, mais voilà que le deuxième arrive et on lui fait une place aussi grande dans son coeur.

L'écriture du manuscrit 2 est plus lente en raison des recherches que je dois effectuer. Mais là aussi, le récit s'étoffe, les intrigues s'entremêlent, les personnages apprennent à coexister. La création me dynamise, m'amuse, pique ma curiosité. Vous ai-je déjà dit que j'adore mon métier ? Hop la vie !

mercredi 15 août 2012

Scrivendo



Pour me faire pardonner mon absence due à mon marathon d’écriture, (exit les jours de farniente !)  je vous insère cette belle image que ma petite sœur m’a expédiée en pensant à moi. Elle était accompagnée d’un texte très touchant écrit par le poète italien, Raffaele Bassano.

Comme ma connaissance de cette langue est très sommaire, j’ai demandé à mon amie, Diana Cormier Pastena, qui a traduit quelques phrases en italien dans le deuxième tome de la série RêveMarie, si elle voulait bien m’aider avec ce poème. Merci, chère amie, pour cette faveur que tu m’accordes encore une fois si gracieusement !

Pour respecter l’œuvre de l’auteur, j'ai eu l'intention de mettre, côte à côte, la version originale et sa traduction, mais Blogger ne me l'a malheureusement pas permis. 

Bonne lecture !


Scrivendo


Ci son persone che scrivono della propria vita
facendoci arrivare il loro messaggio
come una foto degli eventi che hanno vissuto. 

E ci son persone che scrivendo di sé
è come se ne disegnassero un quadro.


La forza di lasciar andare,
la forza di dimenticare,
la forza di vivere,
di continuar a lottare,
la forza di sorridere
anche quando non hai voglia di farlo,
anche quando qualcuno vorrà portartela via.

Vinci la tua battaglia
ma non su gli altri,
su te stesso;
la battaglia della tua vita.

Trova il sole dentro di te,
in modo che possa risplendere
ogni volta che la pioggia
vorrà bagnare il tuo sorriso
e oltraggiare la tua anima.


Écrivant

Il y a des personnes qui écrivent sur leur vie
nous faisant parvenir leur message
comme une photo des événements qu'ils ont vécus


Et il y a des personnes qui écrivant sur eux-mêmes
font comme s'ils dessinaient un tableau

La force de laisser aller
la force d'oublier
la force de vivre
de continuer à lutter
la force de sourire
même quand tu n'en as pas envie
même quand quelqu'un voudra te l'enlever

Gagne ta bataille
mais pas sur les autres
sur toi-même
la bataille de ta vie

Trouve le soleil en toi
de façon à ce qu'il puisse resplendir
chaque fois que la pluie
voudra noyer ton sourire
et outrager ton âme.

mardi 24 juillet 2012

L'effet canicule


Par ce temps chaud et humide, je ressemble à Cooper, nonchalamment allongée, haletante, indifférente à mes compagnons que je trouve normalement bien amusants...  Tout comme moi, mon écriture souffre sous cette chaleur. D'humeur guillerette le matin, elle vacille le midi, s'étiole en après-midi, pour ensuite déserter complètement sa fidèle complice le reste de la journée.

Comme j'ai entrepris d'écrire deux romans à la fois (projet insensé dont je suis incapable de résister), je m’assois pour écrire, je me lève, je marche, je m'assois pour écrire, je me lève, je marche... Pfff ! Une vraie girouette ! J'ai hâte que le vent s'apaise et me cloue enfin sur mon siège.

Une pause de quelques jours me prouvera si cette drôle d'habitude continuera sur cette lancée.

À suivre...



lundi 16 juillet 2012

Écriture et sensibilité


L’intitulé de ce billet ressemble à un titre de Jane Austen. Délit involontaire. En fait, il s’explique par la rencontre d’une lectrice qui m’a avoué avoir pleuré à la fin d’un chapitre du tome 3 de la série RêveMarie. Son commentaire m’a réjouie et émue tout à la fois.

En tant que lectrice assidue, ça m’arrive souvent de rigoler à la lecture d’un roman. C’est rare toutefois qu’il me tire une larme. Ce n’est pas que je suis insensible  – l’inverse serait plus approprié, parlez-en à mon entourage  –, le livre en question doit posséder l’élément pour déclencher la vague déferlante. Quel est cet ingrédient-clé qui m’amène à ressentir un tel flot d’émotions ? Parfois c’est la finesse des mots, parfois c’est le thème abordé, le plus souvent c’est dû au récit qui s’apparente à mon vécu. Il va sans dire que ce qui me touche, moi, ne bouleversera pas nécessairement un autre lecteur, parce que nous n’avons pas la même expérience de vie. À la lecture de certains passages de romans mémorables, j'ai eu l'impression d'être frappée en plein cœur, tant l'auteur traitait son sujet avec justesse.   

Je n’ai pas eu à demander à ma lectrice pourquoi elle avait été troublée par ce chapitre particulier. Je le savais. Cette rencontre m’a poussée à réfléchir sur la portée de mon travail : une écriture dépourvue de sensibilité n’est qu’une suite de mots sans conséquence. Comme quoi, s’arracher les tripes tous les jours prend soudain un caractère moins répressif…